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 Pensée du jour

14/7/2009

Pas un jour sans une pensée pour toi

Pas un jour sans pourquoi

Pas un seul jour non plus sans douleur

Et pourtant la vie, toujours, alors

Pas un jour sans sourires

Pas un jour sans contempler ses enfants, merveilleux

Et pas un seul jour non plus, sans bonheur

 

15 ANS

La moitié d'une vie pour un

Tellement loin pour l'autre

Une éternité pour l'être aimée

 

Quand la vie nous frappe, on croit alors ne jamais pouvoir s'en relever...partir plutôt que de lutter

Mais chacun de nous ici bas a en lui une force incommensurable de courage quand la vie nous joue des tours. Celle-là même que nous chérissons tant et qui se montre parfois cruellement injuste.

Se battre, encore et toujours

L'optimisme doit toujours être un optimisme sans faille et mes angoisses s'envolent devant un seul de tes sourires, Lisa, ma chérie

Les jours meilleurs arriveront bien vite

Cette épreuve fera alors de toi une jeune fille et une femme heureuse pour l'éternité.

Voilà le secret, profiter de la vie avec une insouciance incroyable mais garder à l'esprit, toujours, que tout s'arrête brutalement, sans bruit, sans un mot, tout doucement...

On reconnait le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va. Malheureux sont ceux qui n'ont connu que le bonheur car ils ne savent pas la douleur, l'angoisse, la peur, la tristesse. Ne les envie jamais, ma puce.

 

Il me semble que cette nuit mon étoile, ton étoile, brille plus encore, ma chérie.

On ne pouvait rêver mieux pour veiller sur toi

J'ai alors la certitude que plus rien ne pourra nous effrayer.

Moi qui ne croit en rien je me surprends à prier :

     Papa, aide moi à trouver la force nécessaire

     et éclaire nous le chemin

     laisse moi ma petite Lisa

     bien vite arrivera le temps des retrouvailles

 

 

"Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

"Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

"Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

"Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons !"

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

               Le Lac - Alphonse de Lamartine

 

 

A vous qui nous lisez chaque jour, qui nous soutenez depuis 5 mois déjà

Une parole, un mot, une pensée, un geste, autant de choses tellement réconfortantes

Aucun merci ne suffira jamais pour vous témoigner toute notre gratitude dans cette épreuve

La victoire sera aussi votre victoire

MERCI, du fond du coeur, Merci

parents, famille, amis, internautes des quatre coins du monde

 

      

 

 

 

    

    

    

    

    







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Catégorie : Chroniques de l'hôpital

 La route

25/3/2009

Sourire

            Huit heures moins cinq, je mets le contact et l’auto se met en branle. A l'arrière, assis sur le rehausseur, Noah, doudoune d'un bleu pétant sur le dos, écharpe verte fluo autour du cou et bonnet marine à pompons fiché sur le crâne est déjà plongé, tête baissée, dans la lecture d’une bande dessinée. Bugs Bunny en l'occurrence. Virginie vient de s'en aller au collège. Comment va Lisa ?

-        Papa c’est quoi comme mot; «S – a – l – l – o – o – n»?

Direction l’école d’Amnéville. Nous prenons la voie Rapide, comme lorsqu’il s’agit de se rendre chez Papi Jean-Jacques et Mamie Sylvie, mais nous bifurquons vers l’autoroute A4.

Charly-Oradour, Argancy, passage de La Moselle et du CAMIFEMO. Des péniches y naviguent mais la minette n'y transite plus.

       Papa ça veut dire quoi; «nu-clé-aire»?

A l’horizon des côtes de Moselle percent quelques rayons de soleil sur un ciel anthracite. Sortie à Sémecourt, départementale en direction d'Amnéville, nous longeons le lotissement récent de Maizières-lès-Metz, le parc de loisir Walygator et l'usine d’Hagondange. Du haut de la butte on a vue sur Amnéville, la vallée de l'Orne et les couleurs graphites des usines en contrebas. L'industrie n'est pas encore totalement moribonde. La voiture descend la pente du Snowhall, pente du crassier et de l’ancien site industriel reconvertis en base de loisir.

-        Papa tu sais qu'à midi je mange chez Etienne ?

-        Qui ça?

-        Etienne et Véronique tu sais bien...

-        Tout seul ?

-        Bin non! Avec Mamie.

-        Ah bon !

Arrivée à l’école. Bisous et au revoir. Les pompons du bonnet de Noah tressautent au rythme de sa course. Direction la cour de récré et les copains. Je le reverrai ce soir à mon retour de Nancy. C'est mon vent de fraîcheur dans la pesanteur.

Sourire

Europe 1, Fogiel tient le micro. Je prends le chemin de Semécourt et m'arrête sur le parking devant Auchan. Encore quelques instants dans le véhicule; c'est l'heure de « la revue de presque » de Nicolas Canteloup; distraction bienvenue pour dénouer un peu les noeuds qui me serrent le dedans. Dans la galerie marchande, je m'attable un court instant en compagnie d'un petit noir et d'un quotidien. Digressions de la pensée par delà les soucis. Comment va Lisa?

Sourire

Me voilà à nouveau sur l'A4, direction Vandoeuvre.

La Maxe et son radar - 110 km/h - Metz et son radar - 90 km/h - Longeville-les-Metz et son radar - 90 km/h - Fey et son radar - 130km/h... Je lirai plus tard dans la journée qu'il est prévu d'imposer 110 km/h comme vitesse maximale sur tout le tronçon de l'autoroute entre Nancy et Thionville.

Il est 9h30 lorsque je réceptionne un SMS de Fanny que je consulte impatiemment en prenant garde toutefois au pandore sournois qui guignerait mes arrières ou mes flancs. Pour mémoire c'est vingt-deux euros l'infraction et deux points en moins.

« Salu! Ce matin el va mieu ms tjr températur. El a pri qq céréal choco é un peu de ju de pome. El souri enfin! Espéron ke ca va alé... »

Espérons!

Sourire

Direction Sud. Sur ma droite, à l'ouest, Marieulles, Lorry-Mardigny puis Bouxières s/s Froidmont et la ligne à grande vitesse, Lesmesnils et un nouveau radar. Un paysage de croupes arborées, de vertes collines et de buttes témoins. La Butte de Mousson chapeautée de vestiges comme belvédère culmine à 382 mètres. Je suis en Meurthe et Moselle.

Mais quand la température de Lisa va t-elle diminuer?

France Info ; la crise. France culture ; la correspondance de Rousseau à Diderot. Europe 1 ; Drucker reçoit Machin. NRJ ; du bruit pas bien.

 

Atton et Dieulouard, Belleville et puis Custine,

Les ponts sur la Moselle, les étangs et les usines

Pompey où fut forgée la tour Eiffel, puis Frouard

Champigneule et encore un ****** de radar

La zone commerciale au flanc de Maxéville,

Puis le Haut du lièvre, la verrue sur la ville

 

En haut de la côte, sur le revers du plateau, je prends l'autoroute A33 et traverse la forêt de Haye. Sortie 2b à Vandoeuvre-lès-Nancy et arrivée à l'hôpital d'enfants de Brabois. Cent-dix kilomètres au compteur.

 

Vite! Allons retrouver ma petite Lisa...

 

Jérémie

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Catégorie : Chroniques de l'hôpital

 Hôpital des enfants

19/3/2009

Lisa


Je pénètre le hall, nef de l'hôpital, cathédrale de béton, et tente la voie verticale; l'ascenseur ne fonctionne pas; il ne mène point au ciel. Il faut employer l'escalier et le déambulatoire des couloirs. Croisée du transept et sur la gauche, le lieu consacré où le clergé thaumaturge de l'ordre médecin soumet nos corps à sa science. Ablutions rituelles de purification; j'endosse ma soutane et prends la chapelle latérale; chambre 222; la tienne.


Là, dans le choeur, officient moult moniales et quelques mères abbesses sous le magistère du chef de service assis sur la chaise épiscopale mais invisible en son diocèse. Transsubstantiation du corps de la médecine délivré à une ouaille; Toi ma petite Lisa; par communion multi-quotidienne en amères potions, pour voie de rédemption. Nous, fidèles, laïcs ignorants, soumis à Hypocrate et à sa religion.


Je n'aime pas cet hôtel dieu, lieu de culte austère; les baguettes de métal tenant les plaques de faux-plafonds tachées d'humidité en guise de voûtes croisées; les doubles vitrages mal lavés à armatures d'aluminium pour seuls vitraux au plomb; les odeurs d'éther pour seules fragrances d'encens; les sermons abscons; cependant, j'en attends les bienfaits pour ton corps en souffrance, ma petite fille bien aimée.


AU NOM DE LA PERF, qui octroie la rémission du corps, DU FIL du cathéter dispensateur du sang sauveur ET DE LA SAINTE PHARMACIE...


Guéris !

 

Papa

 

 

Tags : rien

Catégorie : Chroniques de l'hôpital
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